Echanges d’email : attention danger

Ce matin, lors d’une petite séance de scan rapide de mes différentes sources d’information et communautés, je suis tombé sur ce que je pense être une grosse boulette. Je vais la partager avec vous et j’aimerais avoir vos réactions, même si celles ci sont brèves.

Une personne très haut placé dans un cabinet de conseil à sans doute décidé de prendre à bras le corps l’augmentation du CA du groupe et veut ainsi trouver de nouveaux clients. Pour ce faire, il propose d’échanger sa base comprenant 1000 DG, PDG, et directeurs fonctionnels du CAC 40.

Même si le procédé peut être légal sous certaines conditions (type de collecte des emails, information de la destination des informations, etc.) ici il s’agit d’une base client. Les personnes dans cette base ont donné leur email professionnel et je doute qu’elles veuillent subir les affres d’envois non sollicités qui ne seront pas filtrés. Les dégats sont surtout psychologiques et peuvent impacter la confiance du groupe. Connaissant leur secteur d’activité, ce serait une très mauvaise étiquette à porter.

Il y a tellement d’autres moyens d’enrichir une base ou de développer son portefeuille client que le procédé ici utilisé me semble vraiment incongru.

– Quelle serait à votre avis la réaction d’un client présent dans cette base en lisant l’annonce de ce haut responsable ?
– Quelle serait la réaction d’un prospect de cette société en lisant la même annonce ?
– Quelle sera la réaction des gens présents dans cette base quand ils recevront des emails de sociétés qu’ils ne connaissent pas directement adressés dans leur boîte ?

Dites moi également ce que vous pensez du procédé et de sa mise en oeuvre ? J’attends vos nombreux commentaires.

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3 Commentaires

  1. Soumis le 21 novembre 2006 à 16:21 | Permalien

    Bonjour,

    Sur la forme, il parait surprenant qu’un individu appartenant à une société propose un échange (contre quoi ?) d’une base CAC 40 (qui au passage est assez facile à constituer puisque la plupart des noms sont publics). Il est clair que d’un point de vue strictement légal, cette démarche parait possible (Location d’un fichier client / Prospect devant faire l’objet d’une déclaration à la CNIL N°48 ).

    Reste à voir si les sociétés qui utiliseraient cette base respecteront les mentions obligatoires sur l’emailing de prospection B to B(le fameux lien de désinscription à posteriori…). Sur les questions que vous posez, voici mon sentiment :

    – Quelle serait à votre avis la réaction d’un client présent dans cette base en lisant l’annonce de ce haut responsable ? Comment le client pourra t-il faire le lien entre la société à l’origine de la collecte et la société qui utiliserait le fichier sauf si cette dernière indique explicitement sa provenance ? (ce dont je doute puisqu’il ne s’agit pas d’un producteur de données officiel dont c’est l’activité principal…)

    – Quelle serait la réaction d’un prospect de cette société en lisant la même annonce ?
    Réponse : pourquoi en aurait-il connaissance ?

    – Quelle sera la réaction des gens présents dans cette base quand ils recevront des emails de sociétés qu’ils ne connaissent pas directement adressés dans leur boîte ?
    Réponse : nous sommes dans la prospection par email inter entreprise. Le consentement préalable n’est donc pas obligatoire. Seule la désinscription à posteriori doit figurée. Ce n’est pas pour rien que la CNIL est revenue en arrière (17/02/2005) sur ces aspects là sous la pression des sociétés de MD…car si l’opt’in était obligatoire en B to B, il n’y aurait plus grand-chose à router…(ou alors des génériques pour faire du bulk type 300 000 emails pour 249 €)

    Pour ce qui est de l’image véhiculé, je pense que lorsque l’on fait de l’emailing de conquête, il faut s’attendre à de la casse et une érosion de la base de prospection…mais en réalité pas plus que dans la fid BtoC opt’in (newsletter…) c’est-à-dire entre 0,5 et 2% d’unsubscribe en moyenne.

    C’est avant tout la qualité des contenus qui feront la différence. Envoyer ses vœux en mass mailing à son vivier de suspect n’aura pas le même taux de retour que d’envoyer un super contenu hyper ciblé, y compris en emailing de conquête.

    Pour finir, je m’interrogerai plutôt sur la pertinence d’envoyer des emails en nombre à des dirigeants du CAC 40 qui ont certainement autre chose à faire et qui possèdent des batteries d’assistante chargée de filtrer tout ce qui rentre…

    Cdt

  2. Soumis le 21 novembre 2006 à 17:11 | Permalien

    Bonjour et merci pour votre commentaire.

    Echange contre quoi ? Contre d’autres fichiers clients du même type. Du genre “Tu me donnes l’email direct d’un pdg, moi aussi”.

    J’ai du mal m’exprimer par rapport à l’annonce. Si je suis M. Durant, pdg de la société XYZ, client de ce cabinet de conseil, et que je tombe sur l’annonce que j’ai trouvé, annonce librement accessible sur Internet, comment réagirais-je de voir que ce dirigeant échange mes informations comme des gamins s’échangent leurs cartes pokemons à la récréation.

    Quand un prospect recherche un cabinet de conseil de haute volée, comment la société est elle perçue si ses propres hauts dirigeants font n’importe quoi avec les contacts clients ? Certes ces informations ne font pas partie du secret professionnel mais selon moi cela reste très moyen dans la manière de procéder. J’imagine que le prospect aura une réaction de défiance de la même manière.

    Nous parlons en effet d’emailing de prospection, et il est vrai que le retour en arrière de la CNIL est totalement à l’avantage des sociétés de MD. Mais en entreprise, à ce niveau de responsabilités, il y a certaines adresses qui ne circulent pas, qui ne sont pas génériques et que seuls les contacts directs ont. Dans le cas d’un cabinet de conseil qui traite directement avec les grands boards, ce ne sont donc pas des adresses du type pdg@mycompany.com qui sont utilisées. Echanger ces adresses est à mon sens un gros accroc dans le contrat de confiance qui lie le cabinet de conseil à son client.

    Je ne parlais pas du contenu de l’emailing qui peut être fait sur ce fichier, mais de ce qui peut être perçu comme un acte de trahison de la part d’un cabinet de conseil vis à vis de son pool de clients.

    Pour revenir sur l’aspect légal de l’échange de fichier, il est délicat pour une entreprise tierce d’indiquer qu’ils ont eu leur adresse via un échange de base avec le cabinet XYZ.

  3. Soumis le 21 novembre 2006 à 18:52 | Permalien

    et pourtant, l’échange de fichiers en B to B est tellement légion ! quand je vois ce qui circule, celà me donne des sueurs froides…

    de là à parler d’acte de trahison, je n’irai cependant pas jusque là…

    il suffit de taper sur google “@societe.com” pour trouver la nomenclature. Il est donc très facile de reconstituer les emails par la suite.

    Ce que je trouve afligeant, c’est qu’un individu d’un cabinet de conseil propose des emails que tout le monde connait déjà !

    En fait, ce n’est pas vraiment le préjudice des suspects spammés qui est en cause mais plutôt l’éfficacité d’une telle campagne. spammé un DAF du CAC revient à “………” dans un violon ! dans le même esprit que spammé du générique en boucle 🙂

    Celà ne fait qu’empirer la réputation sulfureuse de nos métiers, producteurs d’adresses, brokers ou routeurs

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