Emailing : Entre amnésie volontaire et droit à l’oubli numérique

Certains comportements m’énervent, et quand cela m’énerve, je poste. Je n’ai jamais été très fan de l’emailing d’acquisition, je ne m’en suis jamais caché. Bien travaillé, cela marche c’est vrai, mais la plupart du temps, l’emailing d’acquisition est baclé. On arrose via des prestataires qui ne sont que des canons à emails et pour lesquels le mot éthique est inconnu.

La goutte qui à fait déborder la coupe (oui c’est bientôt le mundial, et comme elle est pleine… (c’était le jeu de mot du vendredi)) est lié à une campagne d’emailing en acquisition. Ce fameux mail est arrivé en TOB (Top Of Box) et pour cause, il est daté de 21:48 aujourd’hui alors que je l’ai reçu ce matin à 9:40. J’avais déjà fait un article sur ces pratiques liées au dérives emailing liées au TOB. Là c’est quand même une grosse base qui s’y met et c’est inquiétant.

Du coup j’ai passé une petite 1/2 heure à trier mes spams et c’est là que j’ai décroché le pompon. 2 programmes qui continuent de m’écrire malgré mes tentatives successives de désabonnement. Pas glop.
Appel du premier prestataire : On me dit que les envois ne sont pas pour les même clients. Mais j’en ai rien à f***re que ce ne soit pas le même annonceur, c’est de la base dont je voudrais me désabonner.
Appel de la seconde base où là les mails sont pour le même annonceur : Là la réponse est grand-guignolesque ! J’ai bien été désabonné des emails envoyé depuis un serveur clairement identifié, mais là comme le serveur à changé, c’est reparti de zéro. Mais ils arrêtent pas de changer de serveurs et de domaine quasiment à chaque campagne parce qu’ils travaillent comme des porcs et qu’ils sont directement blacklistés, du coup le désabonnement chez eux ne sert à rien. Facile de faire du fric en pompant son argent à des clients quand on leur facture les envois successifs à des gens qui pourtant se sont désabonnés. Et après on s’étonne que les mise en spam soient de plus en plus violante, qu’il y aie des remontées abuse et qu’on aie eu besoin de blacklister également les noms de domaines. :-/

Oui cela me fout en rogne quand des prestataires (bases ou routeurs) ont des comportements qui salissent la profession. Et cela m’énerve également quand je dois subir leur amnésie volontaire de mes désabonnements. On a beaucoup parlé de la notion de droit à l’oubli numérique ces derniers temps à cause de Facebook, mais là j’aimerais qu’ils m’oublient, définitivement.

2 petits ajouts, le temps d’écrire ce texte :
– Cette situation ne serait pas aussi problématique si ces campagnes n’étaient pas en B2B (quoique vu le contenu des emails, ça peut passer pour du B2C) car sur un email de particulier on a la loi clairement avec soi (pas de prospection possible).
– Un rapide coup de fil reçu bizarrement d’un des prestataires que j’ai appellé. Soit le commercial avait noté le numéro entrant, soit maintenant dès qu’un gars se plaint sur des mauvaises pratiques emailing, on me téléphone pour me parler d’avocats. Preuve qu’ils n’ont pas forcément la conscience tranquille. 🙂

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10 Commentaires

  1. Soumis le 28 mai 2010 à 12:25 | Permalien

    Je suis tout à fait d’accord que la pratique de certains prestataires n’est pas correct du tout. Mais je pense que leurs clients ne sont pas blancs comme neige non plus.

    Un peu plus de réflexion et de recul de la part des annonceurs me semble nécessaire. Quand on en voit certains qui font des campagnes de prospection en même temps chez plusieurs prestataires, le résultat n’est pas beaucoup plus reluisant.

  2. Soumis le 1 juin 2010 à 10:32 | Permalien

    Gniark ! cela devait arriver 🙂
    Reçu ce matin un appel d’un (mauvais) prestataire emailing pour une mise en garde sur ce que je pouvais écrire sur lui suite à notre échange téléphonique de ce matin.

    Le seul hic, c’est que je n’ai pas appelé cette boîte 🙂

    Les (mauvais) prestataires qui lisent Snipemail en deviennent paranoïaques et sautent sur le téléphone dès qu’ils ont un contact entrant qui se plaint de leurs pratiques 🙂
    Si ça c’est pas une preuve qu’ils n’ont pas la conscience tranquille…

  3. Soumis le 1 juin 2010 à 10:52 | Permalien

    L’avocat c’est un community manager avec une matraque.

  4. Soumis le 1 juin 2010 à 11:02 | Permalien

    LOL oui c’est pas faux 🙂

  5. Soumis le 3 juin 2010 à 16:47 | Permalien

    Je vous dis donc la vérité toute simple.

    L’écosystème des intervenants en e-mail marketing a “muté” depuis plus qu’une année et demi et malheureusement des centaines de personnes se feront désormais sollicitées plusieurs fois par le même annonceur même si elles pensent qu’elles ont tout fait pour se désinscrire.

    Voici ce qui s’est passé :
    – Avant 2009, les annonceurs déléguaient à des agences web la gestion opérationnelle de leur campagne, y compris la sélection des bases de données qui seront sollicitées. Ces agences menaient donc une opération de dédoublonnage entre les différents fichiers pour éviter qu’une personne ne reçoivent N fois le même email.

    – Après 2009, les annonceurs commencent à solliciter directement des loueurs de bases de données qui sotn objectivés par rapport à un volume de résultats et qui se charge chacun de la gestion opérationnelle de sa propre campagne. Il n’y a donc plus de rôle de coordination d’où ce phénomène de sur-sollicitation.

    La crise est passée par là.
    La baisse des prix est passée par là.
    et la législation qui impose un lien de désinscription n’a pas évolué.

  6. Soumis le 3 juin 2010 à 19:22 | Permalien

    Sabri > Il est à noter tout de même que ce n’est pas une généralité. Sur le marché belge, largement dominé par Permesso.be et Just For You, il est tout à fait possible de demander aux deux acteurs de dédupliquer les bases de données pour ne pas sur solliciter les internautes.

    Je suis persuadé qu’il y a des acteurs français qui font la même chose.

    Quoi qu’il en soit, il y a un gros travail qui devrait être fait par le secteur pour responsabiliser les annonceurs.

  7. Soumis le 3 juin 2010 à 21:10 | Permalien

    Jonathan > Si c’est comme ça, en duopole tout est possible.
    La difficulté sur le marché français s’est que le N°1 prend 15% du marché et qu’il est suivi par une dizaine qui se partagent le reste.
    Il faut plus que croiser le doigts pour qu’ils se mettent tous d’accord.

  8. Soumis le 3 juin 2010 à 21:36 | Permalien

    Sabri > Ou que leurs clients deviennent plus exigeants 😉

    Il y a d’autres acteurs en Belgique, ils sont plus petits (Mailmate, Pebblemedia, …) mais collaborent aussi assez facilement.

  9. Soumis le 4 juin 2010 à 8:54 | Permalien

    Le problème n’est pas seulement lié à la crise et à la guerre des prix. C’est vraiment sur le fond qu’il y a un problème.
    Là je n’ai pas parlé de campagnes reçues plusieurs fois et qui souligneraient donc un problème d’absence de dédoublonnage.

    Là le problème vient directement des gestionnaires des bases !

    Dans le 1er cas, le brooker ne tient pas compte des désabonnements de sa base vu qu’il la réinitialise pour chaque nouveau client.
    Dans le second cas, ce sont tellement des gens spammy qu’ils sont obligé de changer de serveur et domaine à chaque campagne client ! et comme le désabonnement est lié au serveur (un comble !) il est totalement inefficace.

    C’est donc à chaque fois clairement un problème sur le fond. Ces gens là ne devraient pas pouvoir faire de l’emailing !

    Le plus grave, c’est qu’aujourd’hui, avec la réputation des domaines et des urls qui est en place, si vous travaillez avec des prestataires comme ceux là en acquisition, vous pouvez tout à fait impacter la déliverabilité de vos campagnes de fidélisation faite via un vrai bon routeur professionnel, ou pire, impacter vos emails de service (confirmation de commande, confirmation de livraison, etc.)

  10. Soumis le 4 juin 2010 à 9:09 | Permalien

    Un débat passionnant en tout cas !

2 Rétroliens

  1. […] Emailing : Entre amnésie volontaire et droit à l’oubli numérique – Snipemail – Prestataires du monde de l’acquisition, changez ! Vos pratiques peu reluisantes nuisent à toute le monde, à vos clients, aux membres de vos bases de données mais aussi à vous même. […]

  2. […] de techniques comme le Top Of Box (TOB) dont nous avons déjà parlé dans des billets précédents ici et […]

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