RGPD : Bilan une semaine après…

RGPD, ce nouveau spamword depuis 1 mois, génère des débats houleux entre les professionnels quant à son interprétation et surtout sur son application. Avec du bon sens et en prenant vraiment en considération le bien être de vos cibles, le RGPD ne devrait pas poser de problème. Par contre si vous profitez de cette occasion pour faire ressurgir de mauvaises pratiques ou de déséquilibrer la relation avec votre auditoire, vous êtes mal parti.

RGPD : à la recherche du consentement perdu

J’ai reçu de nombreux emails de confirmation de consentement. Ces campagnes de réoptinisation, qui en soit ne sont pas une mauvaise chose, provoquent pourtant un problème lorsqu’elles sont émises par des sociétés auxquelles je n’ai jamais donné mon consentement.

RGPD : une nouvelle nécromancie ?

Une base s’érode naturellement de 20 à 40% par an. Une adresse a donc généralement une durée de vie de 3 à 4 ans. Inutile alors d’aller chercher à réveiller d’anciennes adresses pré2010, ni même de pousser jusqu’à celles datant du siècle dernier. Vous ne l’auriez pas fait en temps normal alors pourquoi ce besoin de faire de la merde à cause d’une date d’application ?

J’ai reçu des mails de site et forums sur lesquels je n’avais plus mis les pieds depuis 15 voire 20 ans ! Debout les morts !?

RGPD : cela n’induit pas du clonage de base

Depuis le début du mois de mai, je vois chez certains senders indélicats la multiplication des bases différentes. Dans le footer, on peut lire que le mail est envoyé parce qu’on est référencé dans la base “nomdebase”, mais au fil des envois le nom s’incrémente, “nomdebasea”, “nomdebaseb”, etc. C’est le syndrome de l’écureuil, ils dupliquent et stoquent ces bases pour les réutiliser plus tard, avec une preuve d’utilisation antérieure au 25 mai.

RGPD : un dernier p’tit coup pour la route !

J’ai entendu à maintes reprises des responsables d’agence ou des routeurs raconter que les clients avaient exigé de pouvoir faire un dernier shoot sur les bases complètes; il faut comprendre toutes les adresses possédées, y compris les listes rouges, les désinscrits et même pour certains les bounces. Parfois ils ont même accompagné la demande de menaces de départ. La raison de ces demandes farfelues ? Ils voulaient avoir une preuve de shoot pré-application. Shoot comme pour un dernier fix ? Gare alors à la descente !

Le RGPD, quand y’en a plus y’en a encore…

Il parait qu'”abondance de bien ne nuit pas”. Pour les envois de mail par contre, cette maxime ne s’applique pas. Certaines grandes marques se sont un petit peu emballées avec l’arrivée du RGPD et se sont mises à router jusqu’à 7 fois le volume d’envoi habituel. Normal que leur délivrabilité soit un peu moins bonne ensuite. :-/

RGPD, quand l’intérêt légitime est bien profond

Pour le commun des mortels, ce RGPD n’est pas toujours compréhensible. C’est souvent écrit dans un dialecte peu usité dans notre vie de tous les jours. J’ai pourtant pu lire dans la politique de confidentialité d’un grand quotidien français :

Nous n’utilisons vos données personnelles que dans les cas prévus par la réglementation en vigueur :

  • L’exécution d’un contrat que nous avons conclu avec vous, et/ou
  • Le respect d’une obligation légale, et/ou
  • Votre consentement à l’utilisation de vos données, et/ou
  • L’existence d’un intérêt légitime à utiliser vos données. L’intérêt légitime est un ensemble de raisons commerciales ou d’affaires qui justifie l’utilisation de vos données par la Société éditrice du Xxxxx.

et

[…] cet intérêt légitime est principalement, dans un contexte de mutation de l’offre médiatique en France et dans le monde, de pérenniser le niveau de revenus commerciaux nécessaires pour conserver son indépendance […]

Une traduction approximative pourrait être : “Notre intérêt légitime est notre chiffre d’affaire et cela justifie que nous utilisions vos données personnelles”. Je ne suis pas sur que cela soit bien dans l’esprit de la RGPD.

Voila un tout petit panel de ce que le RGPD a induit comme mauvais comportements suite à sa récente mise en application. Rassurons nous, cela se tassera et au final le RGPD sera bien évidemment au bénéfice des utilisateurs mais il est vrai que, comme prévu, les débuts sont un peu chaotiques 😉

 

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2 Commentaires

  1. Soumis le 3 juin 2018 à 20:03 | Permalien

    Grave question existentielle à laquelle l’article ne répond pas puisque les deux versions y sont utilisées, même si l’une ne l’a été qu’une seule fois.
    Dit-on LA RGPD (Règlementation…) ou bien LE RGPD (Règlement…) ?

  2. Soumis le 3 juin 2018 à 21:33 | Permalien

    Les 2 se disent pour les raisons que vous évoquez 🙂

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